Matt en Australie

Carnet de voyage en Australie. Départ en janvier 2008 pour un an de WHV.

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20.08.08

Une petite histoire qui a atterit sur mon cahier

Il fallait bien l’avouer, c’était plus dur qu’il ne l’avait imaginé. Pas insurmontable, du moins pour le moment. Mais plus dur, assurément.

Bien sûr, il n’y avait aucun regret, aucun doute quand à son futur proche, mais il est vrai que le cœur commençait à crier sa peine.

Le soir notamment. Lorsque l’esprit n’était plus occupé par les merveilleuses découvertes de la journée et qu’il se mettait en marche. Ou lorsque dans son lit, il lui venait soudain l’envie de regarder ces photos soigneusement enregistrées dans son téléphone portable. C’était alors à ce moment là que les souvenirs refaisaient pleinement surface, que les visages figés à jamais dans la photographie s’éveillaient lentement et que ces sourires de joie contenus dans les yeux s’allumaient et brillaient de toute leur intensité dans la mémoire attristée.

Oui, incontestablement, c’était le moment le plus dur.

Assis au beau milieu d’une plage immense, les genoux repliés sur le torse et les mains à plat sur le sable, un jeune homme contemplait la mer. Son regard perdu au loin, il avait le visage marqué par une profonde tristesse. Un léger vent terre-mer lui soufflait dans le dos, plaquant de temps à autre son t-shirt sur ses épaules. Et à coté de lui, posé négligemment sur des galets, se trouvait un petit cahier à l’intérieur duquel un crayon régnait en maitre sur une page aussi vierge que la plage.

Le jeune homme laissa échapper un long soupir avant qu’une larme ne vienne rouler le long de sa joue. Celle-ci glissa lentement jusqu’au menton puis, après avoir marqué une pause qui sembla être une hésitation, se jeta dans le vide.

Sa chute ne fût pas bien longue. La larme rencontra rapidement la toile du pantalon et s’y écrasa. Sans espoir de survie, immobile, elle attendit alors sereinement que le vent fasse son œuvre et l’assèche à jamais. Une vie de larme sans autre issue possible de toute façon et à laquelle elle s’était déjà résignée quelques secondes plus tôt, lorsqu’elle avait pris naissance au coin de cet œil, berceau de toute son existence.

Un instant passa.

L’homme essuya d’un revers de main le chemin emprunté par celle qui n’était déjà plus. A quoi bon être triste de toute façon. Ce destin, cette vie, c’était lui qui l’avait choisi. Et puis, en y réfléchissant bien, il n’y avait aucune raison de se laisser aller à quelconque sentiment d’amertume ou de tristesse.

Un nouveau soupir s’échappa de ses lèvres, bien plus calme que le précédent.

S’il était venu ce matin là sur cette plage, c’était pour poser ses sentiments sur le papier. Ecrire ce qu’il pensait et ce qu’il ressentait. Et c’était ce qu’il se devait de faire maintenant.

D’un geste résolu, il attrapa crayon et cahier et porta la mine sur une page blanche sur laquelle il inscrivit un prénom féminin suivit d’une phrase des plus tendre.

Une mouette laissa échapper un cri.

Quittant la feuille des yeux, son regard se releva en direction de la mer d’où un léger rire venait d’attirer son attention. Il se croyait pourtant seul sur cette plage mais visiblement, il y avait également une jeune femme. Le soleil dans le dos, son ombre dansante dans les vagues offrait un spectacle des plus agréables. Sa robe aux couleurs orangées se collait à ses jambes, au fur et à mesure que l’eau l’humidifiait. Son corps était vraiment magnifique. Et son rire était d’autant plus exquis. L’homme ne put d’ailleurs s’empêcher de sourire devant tant de bonheur et tant de joie de vivre.

Sans plus porter d’attention à la jeune femme, il se plongea de nouveau sur son cahier.

Il était sur le point de poursuivre sa lettre lorsqu’il entendit son prénom. Machinalement, il releva donc la tête vers celle qui venait de l’appeler et déclencha par le fait même un hurlement des plus forts de la part de la jeune femme qui répéta son prénom plusieurs fois avant de courir vers lui.

L’intonation, la douceur et la voix… il ne lui en fallut pas plus pour comprendre que c’était celle à qui il écrivait juste avant qui se tenait par le plus pur des hasards devant lui.

C’était elle !

Il se releva alors brusquement, faisant voler son cahier et s’élança vers elle.

Comment se pouvait-il qu’elle soit là ? Et pourquoi ne l’avait-il pas entendu arriver ?

Tout cela, il ne s’en souciait guère. Elle était là, et c’était tout ce qu’il voyait.

Les retrouvailles du jeune couple furent des plus passionnées. Les lèvres trop longtemps asséchées s’embrassèrent sans retenus tandis que les bras s’enlaçaient. Les mots n’avaient pas leur place durant cet instant là. Seul le contact charnel était autorisé.

Une fois que le cœur se fût rassasié, au moins pour un temps, l’homme expliqua l’inconcevable coïncidence dont il venait de faire l’objet. Le prénom sur le cahier, les rires et la subite apparition de la jeune femme.

Après lui avoir à nouveau embrassé les lèvres - un sursaut du cœur sans doute -, elle lança l’idée d’aller inscrire d’autres prénoms sur le cahier afin de les faire venir. Le jeune homme sourit, légèrement amusé par une telle idée, mais, le cœur étant aux anges, retourna en direction du cahier pour recommencer l’expérience.

Une fois qu’ils se furent assis dans le sable, l’homme posa les prénoms de ses parents et de son frère sur le papier. Puis, reposant rapidement le cahier, le jeune couple se leva et commença à scruter l’horizon.

Ils restèrent un cours instant ainsi, à chercher des yeux l’arrivée de la famille, mais durent bientôt se rendre à l’évidence. Personne ne viendrait par magie sur cette plage.

Le jeune homme se mit à rire, un peu honteux de s’être laissé aller à un jeu si enfantin. Mais son amie garda son sérieux.

« Es-tu sûr que tu n’avais mis que mon prénom sur cette feuille ? »

L’homme reprit son cahier et remarqua qu’une phrase se trouvait bien à coté du prénom.

Aussitôt, il rajouta ces mots derrière les prénoms de sa famille.

Une mouette poussa un cri.

Le jeune homme porta ses yeux au loin mais ce fût son amie qui s’écria la première.

Devant elle, trois personnes s’avançaient.

Malgré le fait que l’on ne puisse distinguer le visage de ceux qui venaient vers eux, l’homme courut en leur direction, persuadé que la magie avait une fois de plus opérée. Son amie le suivit et, arrivant à hauteur du petit groupe, sourit aux anges en voyant celui qu’elle aimait embrasser ceux qui devaient fort logiquement être son père, sa mère et son frère.

Le cahier avait encore répondu présent.

L’homme expliqua l’irrationnel puis, n’ayant pas encore étanché entièrement son envie de revoir ceux qu’il aimait, repartit vers le cahier pour y inscrire de nouveaux prénoms.

Plusieurs coups de crayon plus tard, l’homme était entouré de tous ses proches. Sa famille et ses amis étaient tous là, sur cette plage qui pas si longtemps avant, n’était alors qu’une plage déserte.

Une fois que les larmes eurent coulé de joie, les rires reprirent le dessus et le petit groupe passa une fin de matinée des plus agréables surtout, des plus merveilleuses sans aucun doute et des plus magiques, un peu.

Le jeune homme était aux anges et, comme à chaque fois où un bonheur l’envahissait, il leva les yeux au ciel pour remercier son étoile.

Entre deux nuages, une mouette passa puis poussa un cri.

Le soleil était haut dans le ciel. Ses rayons baignaient toute la plage d’une lumière aveuglante. Une petite fille courant dans les vagues dévia soudainement sa course en direction de galets. Arrivée à leur hauteur, elle prit place dans le sable et souleva un cahier posé sur le visage d’un jeune homme visiblement assoupi. La lumière du soleil acheva de le réveiller.

Il posa sa main devant ses yeux pour regarder celle qui se tenait à ses cotés. Celle-ci lui offrit le plus pur des sourires et, d’un petit rire malicieux, lui lança.

« T’as fait dodo ? »

Un léger sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme au fur et à mesure que le visage de ses amis s’invitaient de nouveau dans son esprit.

Alors, les yeux plein de magie et de merveille, il répondit à la petite fille.

« Mieux que ça… j’ai rêvé. »

On raconte qu’après cela, l’homme est rentré chez lui et qu’en rouvrant son cahier, il aurait mis fin à la vie de plusieurs larmes.

Sur l’une des pages, on pouvait lire toute une liste de prénoms suivit de la même phrase :

« Ma vie ne serait définitivement pas la même si je ne t’avais pas à mes cotés. »

Prenez soin de vous et à bientôt.

Je vous aime.

Matthieu

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07.08.08

Deux nouveaux albums!!

Ca y est, je suis a peu pres a jour niveau photos.
Bon, j en avais tout un stock mais je me suis dit que vous alliez raler si je vous les mettais toutes donc...
Bon visionnage et a la prochaine,
Prenez soin de vous,

Matt

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06.08.08

From Darwin

Bonjour bonjour!

Ca y est, nous sommes arrives a Darwin! Le temps est plutot chaud (environ 40) et l ambiance a l air sympa.

En remontant du centre, nous avons fait une halte dans le Kakadu National Park, histoire de visiter quelques petits coins reputes et... magnifiques! C etait geant!
En arrivant la bas, nous etions d ailleurs de suite prevenus : ici, c est les crocos qui font la loi!
Il y avait des pancartes partout pour nous prevenir que se baigner etait synonyme de se faire manger. Donc du coup, nous avons laisse tombe.
Mais ca ne veut pas dire que l on ne s est pas fait mordre! Tous les soirs, c etait invasion de moustiques! Et meme les bombes ne servaient a rien. On entendait parfois meme les moustiques se foutre de notre gueule tellement ca ne leur faisait rien! Degoutes!!
Nous avons pu voir quelques salties (crocos de mer, les plus dangereux) en train de pecher le barramundi (un peuch quoi, un poisson) et ce a environ... 5-10 metres de nous, confortablement installes sur... les rochers au bord de l eau. C etait vraiment impressionnant. Mat nous avait avoue sa peur des "crocos qui tourne" (il a vu un reportage sur la facon de manger des crocodiles) et nous l avons enfin compris!
Egalement, nous avons epuise la liste des balades possibles dans le parc, transpirant souvent sous les 50 degres etouffant de l apres midi.

Enfin plusieurs piqures plus loin, nous sommes ressortis du parc et sommes partis au Litchfield National Park. Cette fois ci, nous avons pu faire trempette car il n y avait pas de crocos.
Enfin si, sur la derniere cascade, il etait inscrit: "chaque annee, nous verifions si des crocos sont entres mais cela ne veut pas dire que nous avons cherche partout alors, faites attention"! En mode Crocodile Dundee, nous avons tente notre chance et ma foi, aucune perte de membre a declarer.

Depuis ce matin, nous sommes donc sur Darwin ou nous allons nous poser pour un petit moment. D ici quelques jours, Cecile prendra son vol retour pour la France ce qui laisse presager un temps pluvieux dans l esprit de Mat. Comme il l avait fait pour moi lorsque Yuri avait rejoint le Japon, j essaierai de lui remonter le moral!
Et puis de toute facon, nous n avons pas de temps a perdre car le tour de l Australie n est pas fini et pour ca, il faut des sous! Donc du coup, operation renflouage des fonds, deuxieme partie.
Travail en ville ou fruitpicking, nous ne savons pas encore mais, l entreprise qui paye le mieux aura notre faveur. On est des mercenaires du dollars desormais!

Voila pour les nouvelles du coin, j espere que tous se passe bien pour vous.
Etant sur Darwin, il me sera plus simple de me connecter a internet et donc, de vous donner des nouvelles plus souvent.
Egalement pour ceux qui veulent me joindre, les portables captent!
La bise et a bientot,
Prenez soin de vous,

Matt

Posté par Matt - LE VOYAGE - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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